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vendredi 29 avril 2011

Le droit de lire



Au moment où le Parlement discute de la proposition de loi relative au prix du livre numérique, peu après l'installation d'un conseil national du numérique (dont sont curieusement absents représentants des internautes en général et des blogueurs en particulier, ainsi que du libre), il est intéressant de lire ce texte de Richard Stallman, sur le droit de lire :

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Le droit de lire

par Richard Stallman
Cet article a été publié dans la parution de février 1997 de Communications of the ACM (volume 40, numéro 2).
Extrait de « The Road to Tycho », une collection d'articles sur les antécédents de la Révolution lunaire, publiée à Luna City en 2096.
Pour Dan Halbert, la route vers Tycho commença à l'université — quand Lissa Lenz lui demanda de lui prêter son ordinateur. Le sien était en panne, et à moins qu'elle puisse en emprunter un autre, elle échouerait son projet de mi-session. Il n'y avait personne d'autre à qui elle osait demander, à part Dan.

Ceci posa un dilemme à Dan. Il se devait de l'aider — mais s'il lui prêtait son ordinateur, elle pourrait lire ses livres. À part le fait que vous pouviez aller en prison pour plusieurs années pour avoir laissé quelqu'un lire vos livres, l'idée même le choqua au départ. Comme à tout le monde, on lui avait enseigné dès l'école primaire que partager des livres était malicieux et immoral — une chose que seuls les pirates font.

Et il était improbable que la SPA — la Software Protection Authority — manquerait de le pincer. Dans ses cours sur les logiciels, Dan avait appris que chaque livre avait un moniteur de copyright qui rapportait quand et où il était lu, et par qui, à la Centrale des licences. (Elle utilisait ces informations pour attraper les lecteurs pirates, mais aussi pour vendre des renseignements personnels à des détaillants.) La prochaine fois que son ordinateur serait en réseau, la Centrale des licences se rendrait compte. Dan, comme propriétaire d'ordinateur, subirait les punitions les plus sévères — pour ne pas avoir tout tenté pour éviter le délit.

Bien sûr, Lissa n'avait pas nécessairement l'intention de lire ses livres. Elle pourrait ne vouloir l'ordinateur que pour écrire son projet. Mais Dan savait qu'elle venait d'une famille de classe moyenne et qu'elle arrivait difficilement à payer ses frais de scolarité, sans compter ses frais de lecture. Lire les livres de Dan pourrait être sa seule façon d'obtenir son diplôme. Il comprenait cette situation; lui-même avait eu à emprunter pour payer pour tous les articles scientifiques qu'il avait eu à lire. (10% de ces frais allaient aux chercheurs qui écrivaient ces articles; puisque Dan visait une carrière académique, il pouvait espérer que si ses propres articles scientiques étaient souvent lus, il gagnerait un revenu suffisant pour rembourser sa dette).

Par la suite, Dan apprendrait qu'il y eut un temps où n'importe qui pouvait aller à la bibliothèque et lire des articles de journaux, et même des livres, sans avoir à payer. Il y avait des universitaires indépendants qui lisaient des milliers de pages sans subventions des bibliothèques gouvernementales. Maisdans les années 1990, les éditeurs aussi bien commerciaux qu'à but non lucratif avaient commencé à facturer l'accès. En 2047, les bibliothèques offrant un accès public gratuit à la littérature scientifique n'étaient qu'un pâle souvenir.

Il y avait des façons, bien sûr, de contourner la SPA et la Centrale des licences. Elles étaient elles-mêmes illégales. Dan avait eu un compagnon de classe dans son cours sur les logiciels, Frank Martucci, qui avait obtenu un outil illégal de déboguage, et l'avait utilisé pour outrepasser le code du moniteur de copyright quand il lisait des livres. Mais il en avait parlé à trop d'amis, et l'un d'eux l'a dénoncé auprès de la SPA pour une récompense (des étudiants criblés de dettes pouvaient facilement être tentés par la trahison). En 2047, Frank était en prison, non pas pour lecture pirate, mais pour possession d'un débogueur.

Dan apprendrait plus tard qu'il y eut un temps où n'importe qui pouvait posséder des outils de déboguage. Il y avait même des outils de déboguage disponibles gratuitement sur des CD ou qu'on pouvait télécharger du Net. Mais des usagers ordinaires commencèrent à s'en servir pour outrepasser les moniteurs de copyright, et finalement un juge a décidé que c'était devenu leur principale utilisation en pratique. Ceci voulait dire qu'ils étaient illégaux; les développeurs de ces débogueurs furent envoyés en prison.

Les programmeurs avaient encore besoin d'outils pour déboguer, bien sûr, mais les vendeurs de débogueurs en 2047 ne distribuaient que des copies numérotées, et seulement à des programmeurs officiellement licenciés et soumis. Le débogueur que Dan utilisait dans son cours sur les logiciels était gardé derrière un garde-barrière spécial afin qu'il ne puisse servir que pour les exercices du cours.

Il était aussi possible de contourner les moniteurs de copyright en installant un noyau système modifié. Dan apprendrait finalement l'existence de noyaux libres, et même de systèmes d'exploitation entièrement libres, qui avaient existé au tournant du siècle. Mais non seulement étaient-ils illégaux, comme les débogueurs, mais vous ne pouviez en installer un, si vous en aviez un, sans connaître le mot de passe de l'usager superviseur de votre ordinateur. Or, ni le FBI ni l'Aide technique Microsoft ne vous le révèlerait.

Dan conclut qu'il ne pouvait simplement prêter son ordinateur à Lissa. Mais il ne pouvait refuser de l'aider, car il l'aimait. Chaque chance de lui parler le remplissait d'aise. Et le fait qu'elle l'avait choisi pour demander de l'aide pouvait signifier qu'elle l'aimait aussi.

Dan résolut le dilemme en faisant une chose encore plus impensable — il lui prêta l'ordinateur, et lui dit son mot de passe. Ainsi, si Lissa lisait ses livres, la Centrale des licences penserait que c'était lui qui les lisait. C'était quand même un délit, mais la SPA ne s'en rendrait pas compte automatiquement. Ils ne s'en rendraient compte que si Lissa le dénonçait.

Bien sûr, si l'école devait un jour apprendre qu'il avait donné son propre mot de passe à Lissa, ce serait la fin de leurs études, peu importe ce à quoi le mot de passe aurait servi. La politique de l'école était que toute interférence avec ses mécanismes de surveillance de l'utilisation des ordinateurs par les étudiants était punissable. Il n'importait pas qu'aucun mal n'ait été fait — l'offense était de se rendre difficile à surveiller par les administrateurs. Ils supposaient que ça signifiait que vous faisiez quelque chose d'autre qui était interdit, et ils n'avaient pas besoin de savoir de quoi il s'agissait.

Les étudiants n'étaient habituellement pas expulsés pour cela — pas directement. Ils étaient plutôt bannis des systèmes informatiques de l'école, et échouaient inévitablement leurs cours.

Plus tard, Dan apprendrait que ce genre de politique n'a commencé dans les universités que dans les années 1980, quand des étudiants commencèrent à être nombreux à utiliser des ordinateurs. Avant, les universités avaient une approche différente au sujet de la discipline auprès des étudiants; elles punissaient des activités qui causaient du tort, et non pas simplement celles qui soulevaient des doutes.

Lissa ne dénonça pas Dan à la SPA. La décision de Dan de l'aider mena à leur mariage, et les amena aussi à remettre en question ce qu'on leur avait enseigné durant leur enfance au sujet du piratage. Le couple se mit à lire sur l'histoire du copyright, sur l'Union soviétique et ses restrictions sur la copie, et même sur la Constitution originale des États-Unis. Ils déménagèrent à Luna, où ils trouvèrent d'autres gens qui comme eux avaient pris leurs distances par rapport au bras long de la SPA. Quand la révolte de Tycho commença en 2062, le droit universel de lire devint bientôt un de ses buts principaux.

Note de l'auteur

Cette note a été mise à jour en 2007.

C'est aujourd'hui même qu'on se bat pour le droit de lire. Même si cela pourrait prendre 50 ans pour que notre façon de vivre actuelle s'efface dans l'obscurité, la plupart des lois et pratiques décrites précédemment ont déjà été proposées ; plusieurs ont été décrétées légalement aux USA et ailleurs. Aux USA, le DMCA (ndt : Loi sur le droit d'auteur du millénaire numérique) de 1998 a établi la base légale pour restreindre la lecture et le prêt de livres numérisés (et d'autres données également). L'Union Européenne a imposé des restrictions similaires dans une directive de 2001 concernant le copyright. En France, avec la loi DADVSI, la simple possession d'une copie de DeCSS, le programme libre permettant de déchiffrer une vidéo sur un DVD, est un délit.

En 2001, le sénateur Hollings (disposant de fonds Disney) a proposé une loi appelée SSSCA qui exigerait que chaque nouvel ordinateur ait des fonctionnalités obligatoires de restriction des copies, restrictions que l'utilisateur ne pourrait pas contourner. Après le Clipper Chip et d'autres propositions similaires de « key-escrow » émanant du gouvernement américain, ceci démontre une tendance à long terme : les systèmes informatiques sont de plus en plus configurés pour donner à des absents un puissant contrôle sur les personnes qui utilisent effectivement ces systêmes informatiques. Le SSSCA a depuis été rebaptisé CBDTPA (on pourrait penser cela comme le « Consume But Don't Try Programming Act » — la loi « Consommez mais n'essayez pas de programmer »).

Les Républicains prirent le contrôle du Sénat américain peu de temps après. Ils sont moins liés à Hollywood que les Démocrates, aussi n'ont-ils pas pressé ces propositions. Maintenant que les Démocrates sont de retour aux commandes, le danger est encore une fois plus grand.

En 2001, les USA ont commencé à tenter d'utiliser la proposition de traité « Free Trade Area of the Americas (FTAA) » pour imposer les mêmes règles à tous les pays de l'hémisphère Ouest. Le FTTA est l'un de ces traités de soi-disant « libre commerce », mais réellement conçu pour donner aux monde du business un pouvoir croissant sur les gouvernements démocratiques. L'imposition de lois du genre DMCA est typique de cet esprit. Le FTAA a été effectivement tué par Lula, président du Brésil, qui a rejeté la condition du DMCA et d'autres.

Depuis lors, les États-Unis ont imposé des conditions similaires à des pays comme l'Australie ou le Mexique, par le biais d'accords de « libre échange » bilatéraux, et à des pays tel que le Costa Rica par le biais du CAFTA (N.d.T.  : Accord de libre échange d'Amérique Centrale). Le président Correa de l'Équateur a refusé de signer l'accord de « libre échange », mais l'Équateur a adopté quelque chose de similaire au DMCA en 2003. La nouvelle constitution de l'Équateur peut fournir une opportunité de s'en débarrasser.
Une des idées dans cette histoire n'avait en fait pas été proposée jusqu'en 2002. C'est l'idée que le FBI et Microsoft garderaient le mot de passe administrateur (root) de votre ordinateur et ne vous autoriseraient pas à l'obtenir.

Les instigateurs de ce dessein lui ont donné des noms tels que « informatique de confiance » et « Palladium ». Nous l'appelons « informatique déloyale », car le résultat est de faire obéir votre ordinateur à des sociétés plutôt qu'à vous. Ceci a été mis en œuvre en 2007 dans Windows Vista ; nous nous attendons à ce que Apple fasse quelque chose de semblable. Dans cette construction, c'est le fabriquant qui conserve le code secret, mais le FBI aurait peu de peine à l'obtenir.

Ce que conserve Microsoft n'est pas exactement un mot de passe au sens traditionnel du terme ; personne ne le tape sur son clavier. C'est plutôt une signature et une clé de chiffrement qui correspondent à une seconde clé stockée sur votre ordinateur dans un endroit que vous ne pouvez lire. Ceci permet à Microsoft et potentiellement tout site Web coopérant avec lui, le contrôle sur ce que l'utilisateur peut faire avec son propre ordinateur.

Vista donne aussi à Microsoft des pouvoirs supplémentaires ; par exemple, Microsoft peut forcer l'installation de mises à jour et il peut ordonner à toutes les machines fonctionnant avec Vista de refuser d'exécuter un pilote de périphérique. Le but principal de toutes ces restrictions dans Vista est de faire des DRM que les utilisateurs ne peuvent pas outrepasser. La menace des DRM est ce pourquoi nous avons lancé la campagne DefectiveByDesign.org (Défectueux par conception).

À l'époque où cette histoire a été écrite, la SPA menaçait de petits fournisseurs d'accès à Internet, en exigeant qu'ils lui permettent de surveiller tous les usagers. La plupart des fournisseurs capitulèrent lorsqu'ils furent menacés, parce qu'ils n'avaient pas les moyens decontre-attaquer en cour. (Atlanta Journal-Constitution, 1er octobre 1996, page D3.) Au moins un fournisseur, Community ConneXion à Oakland en Californie, a refusé la demande et a été réellement poursuivi. Plus tard, la SPA a laissé tomber la plainte, mais elle a obtenu le DMCA, qui lui donne le pouvoir qu'ils recherchaient.

La SPA, qui veut en fait dire Software Publisher's Association, a été remplacée dans ce rôle de police par la BSA (Business Software Alliance). Ce n'est pas aujourd'hui une force policière officielle. De façon officieuse, elle se comporte ainsi. Utilisant des méthodes rappelant celles de l'ex-Union Soviétique, elle invite les gens à faire de la délation à l'endroit de leurs collègues et amis; une campagne de terreur orchestrée par la BSA en 2001 en Argentine a dévoilé des menaces selon lesquelles les gens partageant du logiciel pourraient être jetés en prison.

Les politiques universitaires de sécurité décrites précédemment ne sont pas imaginaires. Par exemple, un ordinateur dans une université de la région de Chicago affiche le message suivant quand on s'y branche (les guillemets sont dans l'original — ce qui suit est une traduction) :
« Ce système est réservé aux usagers autorisés. Les individus qui utilisent ce système informatique sans autorisation ou au delà de leur autorisation pourront faire l'objet d'une surveillance et d'un enregistrement par le personnel de toutes leurs activités sur ce système. Lors de la surveillance d'individus utilisant le système inadéquatement, ou lors d'activités d'entretien du système, les activités d'usagers autorisés pourraient aussi être surveillées. Quiconque utilise ce système consent expressément à une telle surveillance et est avisé que si cette surveillance révèle des indices d'une possible activité illégale ou violation des règlements de l'Université, le personnel du système peut fournir ces indices aux autorités de l'Université et/ou aux forces de l'ordre ».
Il s'agit d'une approche intéressante face au Quatrième amendement : faire pression sur presque tout le monde pour qu'il accepte d'avance de renoncer aux droits qu'il leur accorde.

Références

  • Le « livre blanc » de l'administration : Information Infrastructure Task Force, Intellectual Property and the National Information Infrastructure: The Report of the Working Group on Intellectual Property Rights (1995).
  • Une explication du libre blanc : The Copyright Grab, Pamela Samuelson, Wired, Jan. 1996
  • Sold Out, James Boyle, New York Times, 31 March 1996
  • Public Data or Private Data, Washington Post, 4 Nov 1996. Nous avions un lien vers l'article mais le Washington Post a décidé de faire payer la lecture d'articles sur le web, et nous avons donc choisi de supprimer le lien.
  • Union for the Public Domain— une organisation dont le but est de résister et de renverser la surextension des pouvoirs du copyright et des brevets.

Cet essai est publié dans Free Software, Free Society: The Selected Essays of Richard M. Stallman.

Autres textes à lire
La note de l'auteur parle de la bataille pour le droit de lire, et de la surveillance électronique. La bataille a déjà commencé, voici deux liens vers des articles présentant les technologies déjà développées pour interdire le droit à la lecture :
  • Electronic Publishing: An article about distribution of books in electronic form, and copyright issues affecting the right to read a copy.
  • Books inside Computers  Les logiciels pour contrôler qui peut lire des livres et des documents sur un PC.
The Free Software Foundation is the principal organizational sponsor of the GNU Operating System. Our mission is to preserve, protect and promote the freedom to use, study, copy, modify, and redistribute computer software, and to defend the rights of Free Software users.
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samedi 9 avril 2011

Journal de Jean Le Coullon

Maisons d'Ancy-sur-Moselle
 "Jhschrist pour mon tout
"Je, Jean Le Coullon le jeune, fils de Collignon Le Coullon d'Ancy et de Barbe La Roche de Vionville, ai fait ce petit traité et recueil, comme en passant, de plusieurs choses advenues en mon temps en la cité de Metz et ès environs."

Ainsi commence le journal de Jean Le Coullon (1525-1587), un rare témoignage subjectif d'un homme ordinaire, né à Ancy-sur-Moselle, dans l'évêché de Metz. Outre les naissances, mariages et décès, et des moments de paix et de prospérité, on y trouve la trace de toute la cruauté de l'époque : épidémies mortelles, récoltes pillées par les troupes de passage ou ruinées par les extrémités du climat, luttes entre le royaume de France, le Saint-Empire, le duché de Lorraine, prise de l'évêché de Metz, destruction de l'abbaye de Gorze, famines, prédication de Guillaume Farel, luttes entre catholiques et protestants, avec l'écho parvenu jusqu'à l'auteur du massacre de la Saint-Barthélemy...

Voulez-vous découvrir l'existence d'un villageois de la vallée de la Moselle, devenu bourgeois de Metz, au seizième siècle ? Lisez le journal de Jean Le Coullon, disponible en un fichier .pdf de 5,22 Mo, mis en ligne par l’université d'Ottawa sur Internet Archive.

jeudi 31 mars 2011

Lectures de mars

  • Jorge Luis Borges : L'Aleph
  • Jean Clair : L'hiver de la culture 
  • Mark Twain : La liberté de parole
  • Stéphane Hessel : Indignez-vous ! [Très décevant. Je vous le déconseille. Comme pamphlet contre un pouvoir injuste, je vous recommande plutôt le Discours de la servitude, de La Boétie, infiniment supérieur.]
  • Frédéric Bastiat : Maudit argent !
  • Guide Michelin Paris 2011

dimanche 20 mars 2011

L'Aleph, de Jorge Luis Borges


Spoiler : synthèses des nouvelles du recueil L'Aleph de Jorge Luis Borges :
  • L'Immortel : Visite de la Cité des Immortels, devenus Troglodytes.
  • Le Mort : « Otalora comprend, avant de mourir... qu'on lui a permis... d'être le chef... parce qu'on le tenait déjà pour mort, parce que pour Bandeira il était déjà mort ».
  • Les Théologiens : Un écrit d'Aurélien fait condamner son rival Jean de Pannonie au bûcher ; au royaume des cieux, Dieu « porte si peu d'intérêt aux différends en matière de religion qu'il » prit Aurélien pour Jean de Panonnie.
  • Histoire du Guerrier et de la Captive : "La figure du barbare qui embrasse la cause de Ravenne, la figure de l'Européenne qui choisit le désert...".
  • Biographie de Tadeo Isidoro Cruz : "Les actes sont notre symbole. Toute destinée, pour longue et compliquée qu'elle soit, comprend en réalité un seul moment... Il comprit son ultime destin de loup, non de chien grégaire ; il comprit que l'autre était lui".
  • Emma Zunz : "J'ai vengé mon père et on ne pourra pas me condamner...".
  • La Demeure d'Astérion : Le Labyrinthe et Thésée, vus par le Minotaure.
  • L'autre Mort : Pedro Damian, mort en 1946 et en 1904 : "Modifier le passé... c'est créer deux histoires universelles".
  • Deutsches Requiem : Dans la peau d'un nazi : "L'important c'est que gouverne la violence...".
  • La Quête d'Averroès : "Averroës s'efforçant d'imaginer ce qu'est un drame, sans soupçonner ce qu'est un théâtre, n'était pas plus absurde que moi, m'efforçant d'imaginer Averroës, sans autre document que quelques miettes de Renan, de Lane et d'Asin Palacios".
  • Le Zahir : "une monnaie courante, de vingt centimes", ayant la "terrible vertu de ne pouvoir être oublié[e]  et dont l'image finit par rendre les gens fous".
  • L'Écriture du Dieu : Sur la peau d'un tigre, une sentence magique.
  • Abenhacan el Bokhari mort dans son labyrinthe : un fugitif construit un labyrinthe, toile d'araignée pour prendre son poursuivant.
  • Les deux Rois et les deux Labyrinthes : le désert, labyrinthe divin, plus terrible que le labyrinthe conçu par l'homme.
  • L'Attente : Un homme attend la mort, qui survient comme dans un rêve.
  • L'Homme sur le Seuil : Un juge étranger injuste condamné à mort par un fou.
  • L'Aleph : "le lieu où se trouvent, sans se confondre, tous les lieux de l'univers, vus de tous les angles".

lundi 28 février 2011

Lectures de février

  • Phaidon Wallpaper* City Guide Paris 2011 : un guide de Paris en anglais orienté luxe et design
  • Phaidon Wallpaper* City Guide Berlin 2011 : un guide de Berlin en anglais orienté luxe et design

lundi 31 janvier 2011

Lectures de janvier

  • Irwin Schiff : Le royaume de Moltz
  • Roget's Thesaurus
  • Gilles Néret : Lempicka
  • et pour la musique, Duke Ellington : Money Jungle

jeudi 6 janvier 2011

Fabrice Luchini lit Philippe Muray

Fabrice Luchini lit Philippe Muray, jusqu'au 10 février 2011, au Théâtre de l'Atelier à Paris.



À cette occasion, et compte tenu du succès remporté par cette lecture, les éditions des Belles Lettres ont rassemblé les Essais de Muray :


Ce Qu'il Faut Lire : Philippe Muray - Essais
envoyé par LEXPRESS. - Futurs lauréats du Sundance.

Lecture(s) recommandée(s) !



lundi 3 janvier 2011

Merci

Merci aux lecteurs de ce blog pour les 76927 visites enregistrées en 2010 !

dimanche 2 janvier 2011

Agenda culturel 2011

Calendrier des expositions : jusqu'au
2011-07-04 : François Morellet, Réinstallations, Centre Pompidou, Paris
- 2011-06-06 : Nature et idéal, Grand Palais, Paris
- 2011-05-23 : Cranach et son temps, Musée du Luxembourg, Paris
2011-04-25 : Messerschmidt et Cragg, Louvre, Paris
2011-04-10 : Hervé Guibert, photographe, MEP, Paris
2011-04-10 : Henri Huet, Vietnam, MEP, Paris

2011-03-21 : Mondrian / De Stijl, Centre Pompidou, Paris
2011-02-27 : Bronzes du Garde-meuble impérial et royal, Galerie des Gobelins, Paris
2011-01-10 : Daum - Bussière, MBAN, Nancy
2011-01-03 : L'Annonciation du Caravage, MBAN, Nancy
- Maison Jean Cocteau, Milly-la-Forêt

Conférences au Palais ducal de Nancy :
28 et 29 janvier 2011 : La Porterie du Palais ducal, symbole politique et transition artistique
26 mars 2011 : Assemblée générale de la Société d'histoire de la Lorraine et du Musée lorrain

Concerts de l'ALMC : 8 février, 29 mars et 18 avril 2011.
Retrouvez l'ALMC sur Facebook.

Liens : Agenda culturel 2010 - Patrimoine lorrain -Tribune de l'art

vendredi 31 décembre 2010

Lectures de décembre

  • Mario Vargas Llosa : Les chiots.
  • Philippe Claudel : Trois nuits au palais Farnèse.
  • Elisabeth Foch & Paola Viesi : Éthiopie, la ferveur et la foi.
  • Philippe Proudhon : Stratégies pour devenir rentier en dix ans.
  • "Ma chère Maman..." : De Baudelaire à Saint-Exupéry, des lettres d'écrivains
  • Jean Dufaux & Philippe Delaby : Murena, tome 8 : Revanche des cendres


dimanche 19 décembre 2010

Pas de bonheur sans liberté, pas de liberté sans vaillance


Livraison hier du numéro 132 de la revue Commentaire, qui s'ouvre sur une phrase inspirée d'une citation de Périclès par Thucydide (Guerre du Péloponnèse, II, 43) : "Il n'y a pas de bonheur sans liberté, ni de liberté sans vaillance". On ne saurait mieux dire. Cette phrase résonne particulièrement au lendemain du décès de l'helléniste Jacqueline de Romilly. Le numéro de l'hiver 2010-2011 contient notamment un très beau, court et amusant texte de Sir Winston Churchill, traduit en français : Le rêve, écrit vers 1947.

lundi 29 novembre 2010

370 ans


Gravé à Bar-le-Duc en 1640 :
Celui qui n'aura voulu quand il aura pu ne pourra peut-être pas quand il voudra.

Tagué à Paris en 2010 :
Do it today, tomorrow it may be illegal.

mardi 23 novembre 2010

Mer Noire


Le dix-septième tome de la saga de Largo Winch vient de sortir, inspiré par la crise économique acutelle. Il va falloir s'armer de patience pour attendre un an la sortie du tome 18 afin de connaître la fin de l'épisode...



vendredi 29 octobre 2010

Vente de livres à l'Asnée


La grande vente annuelle de livres de la Bibliothèque diocésaine de Nancy
a lieu les samedi 30 et dimanche 31 octobre 2010, de 10 heures à 18 heures,
à l'Asnée, 11 rue de Laxou, Villers-lès-Nancy.

Par ailleurs, Wikimedia Commons a toujours besoin d'une photo libre de droits de la BDN...


Agrandir le plan

mardi 31 août 2010

Lecture d'août



Et vous ? Quel est le dernier livre que vous avez lu ? Laissez un commentaire...

lundi 16 août 2010

BCN 6



La terre a vu jadis errer des paladins ;
Ils flamboyaient ainsi que des éclairs soudains,
Puis s’évanouissaient, laissant sur les visages
La crainte, et la lueur de leurs brusques passages ;
Ils étaient, dans des temps d’oppression, de deuil,
De honte, où l’infamie étalait son orgueil,
Les spectres de l’honneur, du droit, de la justice ;
Ils foudroyaient le crime, ils souffletaient le vice ;
On voyait le vol fuir, l’imposture hésiter,
Blêmir la trahison, et se déconcerter

Toute puissance injuste, inhumaine, usurpée,
Devant ces magistrats sinistres de l’épée ;
Malheur à qui faisait le mal ! Un de ces bras
Sortait de l’ombre avec ce cri : « Tu périras ! »
Contre le genre humain et devant la nature,
De l’équité suprême ils tentaient l’aventure ;
Prêts à toute besogne, à toute heure, en tout lieu,
Farouches, ils étaient les chevaliers de Dieu.

Ils erraient dans la nuit ainsi que des lumières.

Leur seigneurie était tutrice des chaumières ;
Ils étaient justes, bons, lugubres, ténébreux ;
Quoique gardé par eux, quoique vengé par eux,
Le peuple en leur présence avait l’inquiétude
De la foule devant la pâle solitude ;
Car on a peur de ceux qui marchent en songeant,
Pendant que l’aquilon, du haut des cieux plongeant,
Rugit, et que la pluie épand à flots son urne
Sur leur tête entrevue au fond du bois nocturne.

Ils passaient effrayants, muets, masqués de fer.

Quelques-uns ressemblaient à des larves d’enfer ;

Leurs cimiers se dressaient difformes sur leurs heaumes,
On ne savait jamais d’où sortaient ces fantômes ;
On disait : « Qui sont-ils ? d’où viennent-ils ? Ils sont
Ceux qui punissent, ceux qui jugent, ceux qui vont. »
Tragiques, ils avaient l’attitude du rêve.

Ô les noirs chevaucheurs ! ô les marcheurs sans trêve !
Partout où reluisait l’acier de leur corset,
Partout où l’un d’eux, calme et grave, apparaissait
Posant sa lance au coin ténébreux de la salle,
Partout où surgissait leur ombre colossale,
On sentait la terreur des pays inconnus ;
Celui-ci vient du Rhin ; celui-là du Cydnus ;
Derrière eux cheminait la Mort, squelette chauve ;
Il semblait qu’aux naseaux de leur cavale fauve
On entendît la mer ou la forêt gronder ;
Et c’est aux quatre vents qu’il fallait demander
Si ce passant était roi d’Albe ou de Bretagne ;
S’il sortait de la plaine ou bien de la montagne,
S’il avait triomphé du maure, ou du chenil
Des peuples monstrueux qui hurlent près du Nil ;
Quelle ville son bras avait prise ou sauvée ;
De quel monstre il avait écrasé la couvée.

Les noms de quelques-uns jusqu’à nous sont venus ;
Ils s’appelaient Bernard, Lahire, Éviradnus ;

Ils avaient vu l’Afrique ; ils éveillaient l’idée
D’on ne sait quelle guerre effroyable en Judée,
Rois dans l’Inde, ils étaient en Europe barons ;
Et les aigles, les cris des combats, les clairons,
Les batailles, les rois, les dieux, les épopées,
Tourbillonnaient dans l’ombre au vent de leurs épées ;
Qui les voyait passer à l’angle de son mur
Pensait à ces cités d’or, de brume et d’azur,
Qui font l’effet d’un songe à la foule effarée :
Tyr, Héliopolis, Solyme, Césarée.
Ils surgissaient du sud ou du septentrion,
Portant sur leur écu l’hydre ou l’alérion,
Couverts des noirs oiseaux du taillis héraldique,
Marchant seuls au sentier que le devoir indique,
Ajoutant au bruit sourd de leur pas solennel
La vague obscurité d’un voyage éternel,
Ayant franchi les flots, les monts, les bois horribles,
Ils venaient de si loin, qu’ils en étaient terribles ;
Et ces grands chevaliers mêlaient à leurs blasons
Toute l’immensité des sombres horizons.

(Victor Hugo, La légende des siècles, Les chevaliers errants)
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samedi 31 juillet 2010

Lectures de juillet



Et vous ? Quel est le dernier livre que vous avez lu ? Laissez un commentaire...

vendredi 9 juillet 2010

Extension du domaine de la lutte

La directive européenne de 1993 a allongé à 70 ans post mortem la durée des droits d'auteur, au lieu de 50 ans. 70 ans, c'est long. Supplice de Tantale...

mardi 15 juin 2010

Sujets de travaux universitaires

Vous recherchez un sujet de travail universitaire et manquez d'inspiration ?

Ils seront signalés ici au fur et à mesure.